La ville sous la Renaissance

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jeudi 26 août 2010

Anne de Montmorency 1493-1567 le spectacle historique du Château d'Ecouen


Anne de Montmorency



Anne de Montmorency


Né à Chantilly le 15 mars 1493, Anne de Montmorency est le filleul de la reine Anne de Bretagne. Il se trouve apparenté aux Villiers de L'Isle-Adam du côté paternel et du côté maternel. En effet son père Guillaume de Montmorency avait pour bisaïeule Perronelle (ou Pernelle) de Villiers, mariée à Charles de Montmorency. D'autre part sa mère, Anne Pot, morte le 24 février 1510, était fille de Guy Pot et de Marie de Villiers (fille de Jacques de Villiers et de Jeanne de Nesle).

Dès l’âge de 10 ans, au château d’Amboise, il accompagne le futur roi François 1er, d’un an son cadet. Il sait gagner la confiance du souverain et connaîtra une carrière éclatante : gentilhomme de la chambre dès 1514, puis premier valet de celle-ci en avril 1520, fonctions enviables et enviées puisqu’elles assuraient des contacts quotidiens avec le roi ; chevalier de l’ordre de Saint-Michel, la plus haute distinction de ce temps, en 1522.

Il est d'abord connu sous le nom de Rochepot. Mais à la mort de son frère aîné Jean, en 1516, il devient l'héritier du nom.

Il est élevé dans le métier des armes et s'y distingue de bonne heure. Il prend une part des plus actives à tous les événements militaires et politiques des règnes de François 1er, Henri II et Charles IX. En 1515, il est à Marignan et à Mézières avec Bayard. Nommé capitaine de la Bastille le 31 octobre 1516, il est fait Maréchal de France le 6 avril 1522, titre qui lui ouvre l’accès au conseil du roi. Il est nommé gouverneur du Languedoc en 1524. Le 23 mars 1526, il est nommé Grand Maître de France, charge qui lui donne autorité sur tous les services de la Maison du roi et lui confie une sorte de surintendance sur les bâtiments et les domaines. Il est blessé et fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1529, mais le roi François 1er paye sa rançon.




Le 10 janvier 1526, il épouse Madeleine de Savoie, fille de René de Savoie et d'Anne Lascaris, comtesse de Tende. A cette occasion la reine mère, Louise de Savoie, lui constitue 6.000 livres de rente sur son patrimoine ; la comtesse de Tende lui fait une dot de 50.000 livres ; le roi lui donne pareille somme et lui confère le comté de Beaumont-sur-Oise, qu'il déclare d'ailleurs rachetable par le domaine.

Par actes du 26 août et du 10 septembre 1527, Charles de Villiers donne, sous réserve d'usufruit en sa faveur, la châtellenie de l'Isle-Adam à Anne de Montmorency son cousin. Ce dernier gardera pendant 40 ans cette seigneurie. Le 11 septembre, il fait foi et hommage au roi pour cette châtellenie.

A la mort de son père, en 1531, Anne de Montmorency se retrouve à la tête d’un patrimoine important.


Le 9 juin 1531, François 1er , qui allait de Saint-Germain-en-Laye à Chantilly, s'arrête au château de L'Isle-Adam.


En 1535, Claude de Villiers, frère cadet de l'évêque Charles de Villiers, s'oppose à la prise de possession de la châtellenie de L'Isle-Adam par Anne de Montmorency, mais le 9 septembre 1538, le Parlement maintien le maréchal dans son droit.

Après avoir arrêté l'invasion des troupes de Charles Quint, il est fait connétable le 10 février 1538 par le roi François 1er à Moulins dans le château de l'ancien connétable Charles III, 8ème duc de Bourbon qui avait trahi le roi. Par cet honneur suprême il devient le plus haut dignitaire de la couronne.

Le 26 novembre 1539 et le 30 septembre 1540, Anne de Montmorency reçoit à nouveau le roi dans son château de L'Isle-Adam.

Mais lorsque Charles Quint promettant de donner au duc d'Orléans l'investiture du Milanais, eut obtenu le passage à travers la France pour châtier les Gantois révoltés, Montmorency fut disgracié pour avoir conseillé au roi de ne pas exiger de promesse écrite (1541). L'empereur, une fois maître de l'insurrection, osa déclarer qu'il n'avait rien promis.






La disgrâce du connétable est consommée le 14 juin 1541 et durera jusqu'à la fin du règne de François 1er. Retiré dans ses terres, Anne de Montmorency supportait cette disgrâce avec sérénité. Pour étendre ses domaines, il faisait de nombreuses acquisitions. Il surveillait la construction de ses châteaux de Chantilly, de Montmorency et d'Ecouen. Il réédifiait le château de L'Isle-Adam et le moulin banal, situé sur le pont de Parmain. Il faut dire qu'il possédait une fortune colossale avec six cents fiefs, plus de cent trente châteaux et seigneuries (la baronnie de Montmorency et les seigneuries de Compiègne, Chantilly, Ecouen, Villiers-le-Bel, l’Isle-Adam, Damville, Fère-en-Tardenois, ...) et plusieurs hôtels à Paris. Ces revenus considérables lui permettaient de protéger les artistes.

En 1547, le nouveau roi, Henri II, rappelle à la Cour le connétable, qui l'avait formé à la guerre. Il visita ses trois résidences, dont L'Isle-Adam, avant de se faire sacrer à Reims le 27 juillet. C'est au château de L'Isle-Adam que le 23 avril de la même année, il tint conseil au sujet de l'autorisation que lui avait demandée Vivonne de la Châtaigneraie de se battre avec Guy Chabot, baron de Jarnac. La Châtaigneraie avait tenu, devant le dauphin, des propos inconsidérés contre Chabot et celui-ci avait opposé un démenti si formel qu'il devait en résulter un duel. Ce duel judiciaire en champ clos, le dernier qui eu lieu en France, fut autorisé par le roi et se tint le 10 juillet à Saint-Germain-en-Laye, en présence de la famille royale et du connétable, qui fut juge du champ. D'un coup d'épée, Jarnac coupa le jarret de son adversaire et fut déclaré vainqueur.




Au mois d'août, le roi et le connétable reprirent aux Anglais trois forts autour de Boulogne-sur-Mer ; puis ils regagnèrent Paris en s'arrêtant huit jours à Amiens, trois à Chantilly, autant à Ecouen et à L'Isle-Adam. Peu après, Henri II, conseillé par Montmorency, conclut la paix, et Boulogne fut restitué à la France pour 400.000 écus d'or. C'est François de Montmorency, fils aîné du connétable Anne, qui prit possession de cette ville le 25 avril 1550, au nom du roi, qui y fit son entrée solennelle le 15 mai. Le 17 septembre Henri II était de nouveau au château de L'Isle-Adam. Le 2 juillet 1551, voulant conférer au connétable une dignité héréditaire, il érigea la baronnie de Montmorency en duché-pairie.

Le 3 février 1552, une sentence des requêtes du Palais adjuge à Anne de Montmorency la seigneurie de Jouy-le-Comte.

La guerre ayant repris, les impériaux occupent Thérouanne et font prisonnier François, fils aîné du connétable.

Au siège de Saint-Quentin, Anne de Montmorency combat en héros ; mais blessé à la hanche, il tombe de son cheval et est fait prisonnier. On paya pour sa rançon 200.000 écus d'or.

Revenu à la Cour, il conclut la paix, qui fut signée à Cateau-Cambrésis, le 3 avril 1559.

Le nouveau roi François II le reçut assez bien, lorsqu'il vint lui rendre ses hommages ; mais il lui dit qu'il était d'un âge à se reposer ; qu'il pourrait revenir à la cour et jouir de ses pensions. Le connétable lui demanda sa protection pour ses enfants et ses neveux et il se retira à Chantilly.

Le 21 janvier 1560, le duc de Montmorency et sa femme Madeleine de Savoie faisaient un partage testamentaire entre leurs enfants.

Mais le connétable reprend tout son crédit sous Charles IX. Il devient le chef des catholiques pendant les guerres de religion. A la tête des catholiques, il eut un cheval tué sous lui à la bataille de Dreux et reçut un coup de pistolet au visage ; aussitôt entouré d'ennemis, il dut se rendre (19 décembre 1562). Trois mois après, la paix allait être signée à Amboise.

Le 15 mai 1567, le connétable, seigneur châtelain de L'Isle-Adam, ordonnait la saisie du fief de Châteaupré, faute de devoirs non faits par Philippe de Cassan.





Le 1er octobre 1567, il assiste à la dédicace de l'église de L'Isle-Adam.

Déjà une nouvelle guerre de religion éclate. Le connétable gagne la bataille de Saint-Denis ; mais emporté par sa bravoure, il est grièvement blessé ; transporté à Paris dans son hôtel, il y expire le lendemain 12 novembre 1567. Ses obsèques seront célébrées solennellement à Notre-Dame. Son coeur est déposé aux Célestins de Paris dans un tombeau composé par Barthélemy Prieur et exécuté par Jean Bullant. Son corps est inhumé en l'église Saint-Martin de Montmorency, dans un beau mausolée commandé à Jean Bullant par Madeleine de Savoie, qui vécut jusqu'en 1586 et fut inhumée auprès du connétable. Anne de Montmorency termine ainsi stoïquement et pieusement une longue vie consacrée "à sa religion, à son roi, à sa patrie". Au cours de cette existence si noblement remplie et qui se trouve mêlée intimement à l'histoire de France au XVIème siècle, le connétable ne cessa de s'intéresser aux arts et aux artistes : le souvenir de la protection qu'il leur accorda nous est conservé par les travaux qu'il fit exécuter aux églises de Montmorency, de L'Isle-Adam et d'Ecouen, au grandiose château d'Ecouen et au château de Chantilly.

Anne de Montmorency, surnommé « le grand connétable », est le personnage le plus représentatif et le plus illustre de sa lignée.

Sa femme, Madeleine de Savoie, lui avait donné 12 enfants :

- François, l’aîné, qui lui succèdera ;

- Henri, qui remplaça son frère aîné, sans mort sans postérité ;

- Charles, fait duc de Damville et pair de France en 1610, marié à Renée de Cossé et décédé en 1612 ;

- Gabriel, baron de Montbéron, tué à la bataille de Dreux en 1562 ;

- Guillaume, seigneur de Thoré, marié à Léonore d’Humières, puis à Anne de Lalaing

- Eléonore, mariée à François III de la Tour ;

- Jeanne, qui épousa Louis de la Trémoille ;

- Catherine, mariée à Gilbert III de Lévis ;

- Marie, qui épousa Henri de Foix ;

- Anne, abbesse de la Trinité de Caen ;

- Louise, abbesse de Gercy ;

- Madeleine, abbesse de Caen après sa sœur Anne ; elle mourut en 1598

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source de cet article : http://amisisleadam.calva.asso.fr

Spectacle Historique Renaissance au Château d'Ecouen "Anne de Montmorency"




Château d'Ecouen Spectacle Renaissance Anne de Montmorency
envoyé par little2804. - Films courts et animations.


Le spectacle Renaissance au Château d'Ecouen

Organisez par l'association "Autour de Léonardo" ce parcours spectacle se déroule dans le parc du château d'Ecouen qui abrite le musée National de la Renaissance. Il a lieu chaque année au printemps , d'une durée de 2h30 vous parcourez toute la renaissance grâce à la participation de 400 personnes (acteurs et majoritairement acteurs de compléments) vous verrez la captivité des enfants royaux, le couronnement d'Henri II, sa blessure mortelle lors d'un tournoi à Paris, le célèbre duel en 1547 avec le coup de Jarnac, la fin de vie de Léonard de Vinci en France, les festivités de la ville de Paris en tout 13 tableaux qui vous raviront.à 18 km de la Capitale votre venue sera une journée d'un total dépaysement.




Les vidéos du spectacle

mercredi 25 août 2010

Spectacle Ecouen Histoire du XVIéme siècle Diane de Poitiers devient la maîtresse du futur Henri II





Diane de Poitiers devient la maîtresse du futur Henri II


Diane de Poitiers a laissé s'embraser le cœur du futur Henri II, que François 1er l'a chargée d'éduquer aux usages de la Cour. Au printemps 1538, elle va devenir la maîtresse de son "élève" de vingt ans son cadet. Et elle va s'employer à nimber cette liaison qui n'aura plus rien de platonique d'une aura mythologique, s'attachant ainsi corps et âme l'héritier de la Couronne.

Ils se retrouvent dans le plus grand secret. Loin de la Cour, à l'abri des regards et des commérages. Eperdument épris, le dauphin, futur Henri II, étreint Diane de Poitiers, veuve de Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie. Il a dix huit ans, elle trente huit. Mais qu'est la différence d'âge en regard de la passion qu'il éprouve? Voilà des années qu'il se consume d'amour, qu'il la désire en silence. Enfin, son rêve se réalise : "sa dame de coeur" va être sienne. Et ce grâce à la complicité du connétable Anne de Montmorency, maréchal de France, confident et mentor du prince, qui leur a ménagé ce rendez-vous galant en son château d'Ecouen, non loin de Paris. Ainsi, en ces premiers jours du printemps 1538, Diane, plus belle que jamais, s'abandonne avec volupté dans les bras de son jeune et vigoureux amant. Emue, elle va l'initier à des plaisirs insoupçonnés.




Si la grande sénéchale a capitulé, ce n'est qu'après mûre réflexion. Depuis 1531, elle s'est contentée de son rôle d'amie maternelle, de confidente privilégiée. Elle exerce cependant un fort ascendant sur le dauphin Henri, lequel lui voue un amour platonique qu'elle cultive précieusement. Toutefois le prince n'est pas homme à jouer éternellement les "amoureux transis". En femme avertie, Diane de Poitiers pèse les avantages et les risques à s'engager plus avant. Un évènement majeur influe sur sa décision. En août 1536, à la suite du décès brutal du dauphin François, son frère aîné, Henri devient l'héritier du trône. Si l'irréprochable Diane de Poitiers n'a aucun intérêt à descendre de son piédestal pour être la maîtresse d'Henri duc d'Orléans, l'idée d'être celle du futur roi de France lui ouvre de nouveaux horizons. Touchée par ce galant emprunté et maladroit, elle est aussi sensible à l'argent, aux agréments qu'il procure, et surtout au pouvoir. Fin 1537, au retour du prince de la victorieuse campagne dans le Piémont, elle met tout en œuvre pour que leur relation évolue en liaison amoureuse. Après avoir laissé languir le dauphin, elle lui prodigue des signes d'affection, le cajole, use savamment de ses charmes. Enhardi, Henri ose lui déclarer sa flamme, et se voit encouragé. Inévitablement, "l'escalade du tendre mène à l'étreinte charnelle".
Le bonheur d'Henri est incommensurable. Diane lui a accordé une grâce immense. Il ne lui en est que plus attaché. De chevalier servant, le voilà promu "esclave", ainsi qu'il se plaît à déclarer. De fait, jusqu'à ce que la mort les sépare, en juillet 1559, il restera sous l'influence de sa maîtresse et lui sera soumis corps et âme.

Une telle emprise sur une si longue durée s'explique difficilement. L'adoration sans faille que, avant puis après avènement, Henri porte à Diane, femme "plus que mûre", stupéfie les contemporains. Certains le disent envoûté, affirment qu'entre les mains de sa maîtresse, "il n'était plus que cire". C'est compter sans l'habileté de la grande sénéchale, qui, "intelligente et calculatrice", s'emploie à lutter contre la satiété et l'habitude.






Aussi, loin de se montrer jalouse et possessive, mise-t-elle sur la qualité de leur union charnelle. "Pratiquant une science érotique subtile, elle lui dispense des plaisirs incomparables. Henri lui est attaché par les complicités de la sensualité comblée". Et, si elle tolère les incartades de son amant, elle veille à s'assurer qu'elles restent sans lendemain.
Parallèlement, elle s'ingénie à nimber leur liaison d'une aura mythologique. Jouant de son prénom, elle est soit "Diane chasseresse", conquérant et conquise par Henri; soit "Séléné", divinité lunaire incarné par Henri, le plus brillant des dieux. Ils sont "Phoebus et Diane, Soleil et Lune, Feu et Eau, inséparables jumeaux". L'expression de cette complémentarité cosmique est poussée à son paroxysme au château d'Anet, temple élevé à leur amour, où foisonnent emblèmes, chiffres, symboles et allégories. Toutefois, cette fantasmagorie ne saurait faire oublier combien Diane profite de sa position, qui lui permet de s'enrichir considérablement. Au printemps 1547, après la mort de François 1er, elle est comblée par son amant, qui vient d'accéder au trône. Outre des joyaux de la Couronne, dont un diamant de cinquante mille écus, elle obtient dons et faveurs à profusion, comme le somptueux château de Chenonceau, qui appartient pourtant au domaine royal. L'année suivante, elle est faite duchesse de Valentinois, ce qui lui vaut rang de princesse. Désormais, Diane est presque reine.
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Une ode à la « capitulation » de Diane de Poitiers

Après une résistance "de haute lutte", Diane de Poitiers "capitule" et finit par se donner au futur Henri II au printemps 1538. Un évènement qu'elle évoque à mi-mot dans un poème envoyé à son amant, qui en réponse se déclarera son esclave à jamais. "Voici vraiment qu'Amour un beau matin / S'en vint m'offrir fleurette très gentille (...) / Car, voyez-vous, fleurette si gentille / Etait garçon, frais, dispos et jeunet. /Ains, tremblante et détournant les yeux, / "Nenni", disais-je. "Ah! Ne soyez pas déçue:" / Reprit l'Amour et soudain à ma vue / Va présentant un laurier merveilleux. / "Mieux vaut", lui dis-je, "être sage que reine". / Ains me sentis et frémir et trembler. / Diane faillit et comprenez sans peine / Duquel matin je prétends reparler!"

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mardi 24 août 2010

Histoire de France le XVIème le Sacre d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis 10 juin 1549

Le Mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis à Saint Denis

LE SACRE

Le 10 juin 1549, Catherine de Médicis est solennellement sacrée et couronnée reine de France. En ce jour qui devrait être dédié à sa gloire, elle est déçue par le manque de faste des cérémonies. Mais, surtout, elle enrage de voir Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, superviser le protocole!

Catherine de Médicis à beau être l'épouse d'Henri II et lui avoir donné enfin un héritier, le futur François II, en janvier 1544, elle n'est reine de France qu'en titre : c'est la favorite Diane de Poitiers qui règne sur le cœur du roi et sur la Cour! En ce 10 juin 1549, la souveraine doit recevoir l'onction sacrée et être solennellement sacrée. Mais, lors de ces cérémonies, pourtant tout à elle dédiées, elle n'est pas sûre d'éclipser sa rivale.

Force est de constater que, dans la basilique de Saint Denis, le sacre de la reine de France est conduit par la maîtresse du roi! Alors que le cortège s'avance vers l'autel, Diane de Poitiers marche en tête parmi les princesses du sang. Elle arbore crânement le même manteau que Catherine de Médicis, rehaussé d'hermine, privilège des princesses et des duchesses. A l'occasion de la seule cérémonie au cours de laquelle elle ne peut décemment disputer la première place à la reine, elle a été désignée pour superviser le protocole.





Courtisans, hauts dignitaires et prélats n'ignorent rien de l'exceptionnelle faveur dont jouit Diane de Poitiers. Pourtant, voir briller en ce jour celle que le roi a nommée suivante de la reine leur semble une provocation déplacée. De surcroît, la favorite est secondée par ses deux filles, nées de son mariage avec Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, Françoise, duchesse de Bouillon, et Louise, marquise de Mayenne. Pour le sacre du roi à Reims, le 26 juillet 1547, Diane de Poitiers se tenait au premier rang, tandis que Catherine de Médicis, enceinte de sa fille Claude, la future duchesse de Lorraine, était reléguée dans une tribune. Moins de deux ans plus tard, pour ce sacre qui est le sien, la reine n'a pu être écartée. Aujourd'hui, malgré la sobriété manifeste des célébrations, mais dans le recueillement et la dignité, elle va être solennellement intronisée second personnage du royaume. La souveraine vient d'être coiffée de la couronne rutilante des précieuses gemmes de la royauté. Le cérémonial veut qu'elle en soit ensuite débarrassée pour entendre la messe. C'est alors que survient un incident édifiant. Respectant scrupuleusement les instructions, Louise de Mayenne s'avance vers la reine et la décharge de son fardeau. Puis elle se retourne et se dirige vers sa mère. Chacun, médusé et le souffle coupé, la voit déposer la couronne aux pieds de Diane de Poitiers! Celle-ci ne bronche pas et reçoit cette offrande symbolique comme un dû. La reine Catherine, elle, reste de marbre. Pas un instant son regard ne se tourne vers sa rivale : elle n'a rien vu et n'aura pas un mot pour commenter cette humiliante péripétie.

Six jours après le couronnement de Catherine de Médicis, le 16 juin, le couple royal fait son entrée dans Paris. L'accueil triomphal que lui fait la capitale redonne du baume au cœur de la reine. La ville est superbement décorée. Les aménagements réglés pour une célébration à l'antique de la monarchie ne font aucune référence directe à la favorite. Mais, si son monogramme ne figure sur aucun décor, Diane de Poitiers a fièrement pris la place qui lui revient au sein du cortège.

Pour fêter la reine nouvellement sacrée, les plus grands artistes du temps ont été sollicités. L'architecte Pierre Lescot, le sculpteur Jean Goujon, le peintre Jean Cousin ont conçu et fait réaliser d'extraordinaires décors monumentaux. Pour l'occasion, le poète Pierre de Ronsard a rédigé des inscriptions en vers, l'helléniste Jean Dorat s'est chargé des devises grecques et latines.




A la porte Saint Denis, passage obligé des entrées royales, se dresse un arc de triomphe orné d'un hercule couronné représentant François 1er, de colosses et de quatre personnages figurant les sujets du roi, un noble, un clerc, un bourgeois et un paysan. Devant l'église Saint Jacques de l'Hôpital, un spectaculaire arc corinthien a été érigé; au Châtelet, un portique ionien a été élevé; le pont Notre Dame est jalonné d'arcs de triomphe. Tandis que des anges veillent sur la Couronne, une statue de la France trône au sommet d'un obélisque, sous lequel un rhinocéros symbolisant les forces du mal écrase des monstres. Chaleureusement acclamés par le bon peuple, Catherine de Médicis et Henri II passent sous un dernier arc de triomphe, rue Saint Antoine, avant de regagner leur résidence du palais des Tournelles.

© cliannaz@free.fr

LA FONTAINE DES INNOCENTS

Paris et la célèbre fontaine des Innocents gardent encore aujourd'hui la souvenir de l'entrée triomphale de Catherine de Médicis et d'Henri II. Le 16 juin 1547, la grande fontaine, sise à l'angle de la rue Saint Denis et de la rue aux Fers (actuelle rue Berger), suscite l'émerveillement des souverains. Elle est ornée d'une dentelle signée par Jean Goujon et Pierre Lescot, tout en légèreté et élégance, à l'image des naïades des bas-reliefs et des masques cracheurs d'eau. Ses arcades aux balustres de bronze et aux pilastres cannelés sont gardées par des nymphes aériennes. Des dauphins sculptés y évoluent entre des représentations de la Renommée. Les écussons alternent avec les fleurs de lys de France et les fameuses "pilules" des Médicis. Démontée puis réédifiée pierre par pierre au fil des transformations du quartier des Halles, la délicate fontaine des Innocents reste le symbole de la reine Catherine.

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lundi 23 août 2010

Histoire de France le XVIème siècle à Ecouen Anne de Montmorency pousse Jane Fleming dans les bras d'Henri II


Portrait équestre d'Henri II




Henri II et Jane Fleming, la belle Ecossaise

Pour faire barre à l'influence de Diane de Poitiers, le connétable Anne de Montmorency pousse Jane Fleming dans les bras d'Henri II. Au mois de juillet 1550, au château de Saint Germain en laye, le roi succombe au charme de la belle Ecossaise. Mais la favorite en titre et la reine Catherine de Médicis vont se liguer pour mettre fin à cette idylle, qui ne sera qu'un feu de paille.

Portrait anonyme d'Anne de Montmorency, conservé au musé national de Versailles Marie Stuart, la petite reine d'Ecosse qui doit épouser le dauphin, le futur François II, est arrivée en France au cours de l'été 1548. Elle est accompagnée par sa gouvernante, lady Jane Fleming, fille illégitime de son grand-père le défunt roi Jacques IV. Agée d'une trentaine d'années et mère de trois enfants, l'Ecossaise est fort jolie, a les cheveux blonds tirant sur le roux, un teint de lait, des yeux verts et des formes généreuses. Henri II l'a-t-il remarquée? Peut-être pas. Jusqu'à ce que le connétable Anne de montmorency s'en mêle...

A la Cour, entre le connétable et Anne de Poitiers, les intrigues vont bon train. A la mort du pape Paul III, en novembre 1549, la favorite en titre a tenté de faire élire au trône pontifical son vieil ami le cardinal Jean de Lorraine. Montmorency s'est aussitôt empressé de demander aux cardinaux français de s'y opposer, et c'est Giovanni Maria Ciocchui Del Monte qui a été désigné, sous le nom de Jules III. Jean de Lorraine en est mort de dépit et, pour calmer la colère des Guise, Diane de Poitiers a permis au neveu du défunt, Charles de Lorraine, de devenir archevêque de Reims et, ainsi, le prélat le plus puissant du royaume.
Depuis lors, le connétable ne songe plus qu'à la séparer du roi et à la remplacer par une favorite acquise à sa cause. Jane Fleming servirait admirablement ses desseins. Sans compter qu'une idylle entre Henri II et la gouvernante de Marie Stuart, dont les Guise sont les oncles maternels, pourrait, en suscitant un scandale, empêcher le mariage de la jeune reine d'Ecosse avec l'héritier du trône et porter un coup fatal à la Maison de Lorraine. Montmorency se confie à Catherine de Médicis, qui, bien que résignée à ne pas avoir l'exclusivité de la couche royale, n'est pas fâchée de jouer un mauvais tour à sa rivale. Une heureuse circonstance favorise le plan du connétable : Diane de Poitiers, victime d'un accident de cheval, est obligée de garder la chambre en son château d'Anet. En juillet 1550, à Saint Germain en Laye, la reine en profite pour mettre habilement en présence Henri II et lady Fleming. Le soir même, le roi fait la conquête de la belle Ecossaise, dont il partage le lit pendant toute une semaine.

Mais les Guise, qui ont leurs informateurs à la Cour, font prévenir Diane de Poitiers de ce qui se trame. Très pâle, la favorite outragée se fait immédiatement conduire au château de Saint Germain. Résolue à surprendre son amant infidèle, elle se cache derrière un rideau, face à la porte de Jane Fleming. Deux heures du matin, comme Henri II quitte l'appartement de l'Ecossaise, accompagné du connétable!, elle sort brusquement et laisse écater sa colère. "Ah! Sire! D'où venez-vous? Quelle trahison est-ce là et quelle injure vous êtes-vous laissé persuader de faire à messieurs de Guise, qui sont vos serviteurs si dévoués et que vous aimez tant, à la reine, à votre fils qui doit épouser la jeune fille gouvernée par cette dame. De moi je ne dis rien parce que je vous aime, comme je l'ai toujours fait, honnêtement!", s'exclame-t-elle. "Madame, il n'y a là aucun mal, je n'ai fait que bavarder", réplique le roi, un peu penaud. Cette réponse hasardeuse lui vaut d'être vertement tancé, puis, la favorite s'en prend à Montmorency, à qui elle ne ménage ni sa hargne ni ses reproches.
Farouchement déterminée à rester seule maîtresse du roi, Diane de Poitiers fait alliance avec Catherine de Médicis pour mettre un terme à cette aventure et obtenir l'éloignement, puis le renvoi en Ecosse de Jane Fleming. Face à une telle adversité, le roi doit se soumettre et le connétable, grand vaincu de l'affaire, manque de peu d'être disgracié. L'histoire est trop croustillante pour ne pas se répandre à la Cour, où l'on ne se prive ni de jaser ni de se réjouir que la toute puissante favorite ait été trompée sans vergogne par le roi!

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L'impudence de Jane Fleming

Après avoir obtenu les faveurs du roi, Jane Fleming se montre fort maladroite. "Elle n'en faisait point la petite bouche, mais très hardiment disait en son écossais francisé : J'ai fait tant que j'ai pu, que, Dieu merci, je suis enceinte du roi, dont je me sens très honorée et très heureuse; et si je veux dire que le sang royal a je ne sais quoi de plus suave et friande liqueur que l'autre, tant que je m'en trouve bien, sans compter les bons brins de présents que l'on en tire", rapporte le mémorialiste Pierre de Brantôme. Ces discours et ce manque de discrétion déplaisent autant à Diane de Poitiers qu'à Catherine de Médicis et exaspèrent Henri II. De son aventure avec le roi, l'Ecossaise aura un fils, Henri de Valois, qui naîtra au printemps 1551 et deviendra chevalier d'Angoulême et grand prieur de France au titre de l'ordre de Malte. Pour s'être montrée trop impudente, et imprudente, elle sera chassée de la Cour sitôt après son accouchement, sans son fils, qui sera élevé avec les enfants de France.

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